09/08/2008

Le ciel, la vie, les peurs

Le ciel, cette voûte étoilée éclairant la nuit de multitudes de points lumineux.
Puis un nuage se profile à l’horizon, un autre, encore un autre et ce qui n’était qu‘émerveillement l’instant d’avant devient redoutable, redouté.
Les peurs ancestrales remontent à fleurs de peau devant ce qui nous paraît menaces, fantômes.
Le propre de notre inconscient, impossible à déchiffrer parce que IN, CON, SCIENT..
Ou alors de nouveau cette voûte céleste baignée par les rayons doux et chaud de l’astre ami soleil, honoré comme il se doit, par la symphonie des chants d’oiseau, du vol précipité des abeilles, le lourd vrombissement des ailes du bourdon.
Et là, au bord d’une feuille, une minuscule goutte, suspendue, majestueuse dans sa beauté éphémère, avant de faire son dernier plongeon, pour rejoindre ses sœurs et former de part leur multitude, un ruisseau, une rivière, la mer, un océan ou encore pour terminer dans la gorge d’un pinson réalisant par-là, la boucle bouclée de la nature : naître, mourir pour naître à la vie, qui à son tour verra la mort.

Là encore, le visage levé pour recevoir l’offrande de cet astre merveilleux aux premières heures de la journée. Les yeux fermés, une brise légère caresse ma joue et d’un coup c’est comme une menace qui plane, le froid s’installe.
D’abord il gêne, incommode, agace.
Toujours les yeux fermés l’on attend impatiemment de retrouver le bien être de l’instant passé. Mais passé il-est.
Les yeux ouverts, le ciel est menaçant, l’arbre est menaçant.
Les insectes se sont tus. Tout est dans l’attente. Seul le crapaud lance son « chant « lugubre, à l’aise des ces éléments, comme joyeux de voir notre désarroi.

Comme il est facile de rapprocher ces quelques lignes imagées de notre vie, vie intérieure notre être profond.
Le ciel constellé d’étoiles ressemble étrangement à nos projets, nos ambitions premières, nos amis, le mari, les parents, les enfants, puis viennent les embûches, ces gros nuages noirs, et les peurs ancestrales remontent à la surface.
Peur d’être seul, mais ne sommes nous pas chacun d’entre nous, seul dans la vie de la naissance à la mort ?
Peur de ne pas être à la hauteur.
Peur d’être ignoré, rejeté de la société.
Peur de ne pas trouver sa place dans le moule qui façonne l’Homme idéal.
Peur de notre médiocrité, ce qui nous rend médiocre.
Peur de ne pas pouvoir être capable de paraître ce que nous voulons que les autres voient etc.

Puis une accalmie, un moment de bonheur, mais que nous ne pouvons savourer parce que trop bref, trop rare, et parce que nous sommes incapables de LE reconnaître.
Alors, nous fermons les yeux pour rester dans nos illusions. Nous sentons la chaleur des rayons du soleil, celui de notre imagination, jusqu’à ce que le rêve s’achève et nous ouvrons les yeux.
Il y a le vide, le silence le froid des absences de ceux que nous avons aimés, morts à nos yeux, vivants comme la goutte d’eau dans ces fleuves, ces océans, des âmes détachées de leur enveloppe terrestre. Elle à son tour, nourrit une vie qui verra elle-même la mort.

Cercle infernal où personne n’échappe, égaux peut être pas dans la manière de mourir, mais dans la manière de nourrir.
Et je vous vois, vous qui êtes comme moi, mal dans leur peau, gênés à l’intérieur de ce corps comme dans un costume trop étroit, protester, refuser cette vérité car il y en a une et c’est par-là que nous devons passer, la découvrir, la reconnaître, l’accepter pour enfin être.
Mais comme moi vous fermez les yeux. Vous vous laissez bercer, berner qu’importe !
Du moment qu’il n’y a pas de décisions à prendre. L’achetée des lâches !
Tout plutôt que de voir cette vérité en face et même si nous voulons la trouver car décidément le costume est vraiment trop étroit, notre inconscient est là et veille à ce que rien ne sorte, véritable élastoplaste de notre cerveau fatigué et déprimé.
A lui tout seul, il bouche toutes les ouvertures.
Sentinelles contre les intrus.

Lisette PERSILLET Sommières

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