15/09/2008

Jusqu'où peut aller la bonne volonté

Transmis par Claire Duroselle...

Savoureux !

Sainte innocence, ingénuité ou créativité ? Ce sont de vrais avis placardés sur les portes de vraies églises de vraies paroisses. Ils sont écrits avec beaucoup de bonne volonté... et quelques problèmes de syntaxe... 

Avis aux paroissiens…

l  A tous ceux qui ont des enfants et qui ne le savent pas encore, il y a dans la paroisse un espace réservé aux enfants.

l  Jeudi prochain, à cinq heures de l’après-midi, il y aura une réunion du groupe des mamans. Toutes les dames, qui souhaiteraient faire partie des mamans, sont priées de s’adresser au curé.

l  Les réunions du groupe de développement de la confiance en soi ont lieu les vendredis, à vingt heures. Prière de rentrer par la porte de derrière.

l  Vendredi à dix-neuf heures, les enfants de l’Oratoire feront une représentation de l’oeuvre “Hamlet”  de Shakespeare, dans la salle paroissiale. Toute la communauté est invitée à prendre part à cette tragédie.

l  Chère Dames, n’oubliez pas la prochaine vente pour nos oeuvres de charité. C’est une  bonne occasion pour vous débarrasser des choses inutiles que vous avez chez vous. Amenez vos maris !

l  Sujet de la catéchèse d’aujourd’hui: “Jésus marche sur les eaux”. Sujet de la catéchèse de demain: “A la recherche de Jésus”

l  Le choeur des plus de soixante ans va cesser ses activités pendant l’été, avec les remerciements de toute la paroisse. 

l  Souvenez-vous dans vos prières de tous les désespérés et les fatigués de notre paroisse.

l  Le mois de novembre se terminera par une messe chantée par tous les défunts de la paroisse. 

l  Le tournoi de basket des paroisses va se poursuivre avec le jeu de mercredi prochain. Venez nous applaudir, nous allons tenter de battre le “Christ Roi” ! (nom de l’équipe)

l  Le prix du cours sur “Prière et jeûne” inclut les repas.

l  S’il vous plaît, placez vos oboles dans l’enveloppe, avec les défunts dont vous souhaitez que l’on fasse mémoire.

l  Mardi soir, il y aura un cassoulet dans la salle paroissiale. Ensuite il y aura un concert.

l  Souvenez-vous que jeudi commencera la catéchèse pour filles et garçons des deux sexes.

 

06/09/2008

Mettre en mots

Mettre en mots tous les maux rencontrés, détresses humaines, errances sociales approchées.

Faire rimer espoirs et désepoirs. Le jour où tout devient noir, trouver des transparences.

Ouvrir ses portes, chercher ses issues, Pour accepter enfin la main tendue.

Savoir dire, pouvoir écrire, Le privilège dans une vie galérienne.

Être animée par l'envie de donner Se révolter, se solidariser, Face à toutes ces inégalités.

Trouver les mots, souffrir dans le rire, Se maintenir dans le vide, résilier avec l'impossible.

Accueillir ces âmes, souffler sur leurs silences. Tenter de les accompagner ,le temps d'un no-man'land.

Apporter un témoignagne, partir sur un acte. Le temps d'un passage, envoyer ce message :

Oui, il existe des inégalités.

Non, la galère n'est pas une fatalité.

Pendant que certains se prélassent.

D'autres trépassent.

Oui, on peut lutter !

Non, on ne peut pas s'épargner.

FATALITAS

 

Sylvie Belkhirat

00:53 Publié dans Poèmes | Commentaires (0) |  Facebook

Expérience

je suis en invalidité 2ème catégorie depuis 3 ans. et bénévole active à la DD30 depuis quelques mois. Standart, correction du zoom et quelques autres petits travaux. Cela m'a sortie de l'isolement, de la déprime . j'ai trouvé un lieu où je suis bien, une équipe de salariés qui se "défonce" au quotidien pour servir la cause, des bénévoles qui s'activent pour rendre la vie des autres un peu plus agréable.

Auparavant, j'étais animatrice socio-culturelle et j'ai bossé quinze ans sur les quartiers sensibles de Nîmes. Autres formes de handicaps et discriminations maximum!!! aussi, j'ai écrit un livre qui s'intitule "journal d'une animatrice de quartier qui relate la vie des personnes dans leur quotidien, leurs multiples souffrances, la vie associative que l'état abandonne. Ce livre est paru aux éditions du RIRESC (recherches sociales). Des personnes y témoignent, il est également agrémenté de récits de vie de personnes dont j'ai accompagné le chemin pendant des mois, des années.  

Pour animer, il faut être envie et avoir envie. Ce que ma mise en invalidité m'avait fait perdre. en rencontrant l'APF, je l'ai retrouvé. Envie de vivre, de donner et de recevoir. Je revis de nouveau. Le don du don, y'a rien de tel!! bien à vous tous.

 

Sylvie Belkhirat

00:44 Publié dans Texte libre | Commentaires (0) |  Facebook

04/09/2008

D'une femme "debout"

Nous avons reçu le texte suivant en commentaire sur l’article « de fauteuil à fauteuil (réponse) » (catégorie "pensées")

Il m’a semblé utile de le faire apparaître « en grand », c’est le témoignage d’une femme valide et son regard sur les personnes en fauteuil, merci à elle d’intervenir ici et d'avoir ce regard. Vous pouvez lui répondre je pense qu'elle repassera et que ça lui fera plaisir.

Le webmaster

 

Je suis une femme debout... et je lis ici...

Il y a toujours eu autour de moi des femmes handicapées. Une grand-tante, la hanche tordue par la poliomyélite, qui marchait entre deux cannes en traînant un pied. Elle ne s'est jamais mariée. De toute sa fratrie, c'est la seule qui a fait un peu d'études... pour avoir un métier. Les autres sont tous devenus paysans (attention aucune connotation péjorative dans ce mot paysan mais un immense respect) et mon grand-père lui est devenu boulanger.

Du côté de ma mère j'avais une cousine que je n'ai pas bien connue. J'ai du la voir deux ou trois fois dans ma vie (polio aussi) Puis au lycée, une fille de ma classe, poliomyélite aussi, encore plus atteinte que ma grand-tante. Cette fille avait peu de copines. Je faisais partie de ses copines. Peut-être que d'avoir côtoyé une femme handicapée depuis ma plus tendre enfance, faisait que mon regard n'était ni compatissant, ni effrayé. Juste un regard ordinaire. Je l'ai perdu de vue après le bac. Elle s'appelle Servanne.

Et puis maintenant, une belle-sœur, qui vit dans le Gard aussi. J'étais chez elle il y a quinze jours. C'était la première fois que j'allais chez elle depuis qu'elle est en fauteuil. Je l'avais vue certes mais dans le cadre de repas familiaux, ici où j'habite, dans l'ouest de la France.

Elle parle beaucoup de son handicap, de son isolement, mais aussi de tous ses combats, et de toutes ses joies. Mère de famille de trois enfants (deux de partis, la petite dernière à la maison)

Epouse elle m'a dit très simplement que pour faire l'amour ils faisaient "autrement", compagne attentive.

Toujours un travail de couture en cours elle est très minutieuse et si ses jambes ne fonctionnent plus, elle a la chance de pouvoir utiliser ses mains. La couture est son "hobby" préféré, elle fait de très jolies choses.

Elle prend le temps, de temps en temps, de désherber son jardin, pas facile mais elle y arrive, conduit sa voiture pour aller faire ses courses, se maquille tous les matins, se bijoute, parce que c'est pas une raison pour ne pas se montrer jolie. Sa maison est nickel, et je n'ai pas entendu dire qu'elle avait une aide-ménagère !!!

Je sais qu'elle a des jours "sans", des jours où tout ne va plus mais ce que je retiens c'est que c'est une Femme et que pendant ce court séjour, j'ai oublié souvent qu'elle était assise sur un fauteuil roulant (parce que certaines personnes ont un tel caractère que l'on ne voit pas leur handicap).

Et moi debout, du haut de mes deux jambes, j'ai pris une grande leçon d'humilité, une très grande leçon d'humilité.

J'espère que la lecture de mon commentaire ne va pas déranger. Les pensées sont parfois bien difficiles à exprimer. Mr Le Webmaster n'est pas obligé de publier si il a quelques réserves.

 

Annick ouest de la France

21:29 Publié dans Texte libre | Commentaires (5) |  Facebook