27/10/2008
Le séjour à Germaine Revel de Janine vu par Bruno :-(
Quand le sujet devient objet
Ou
« Vous ne remarcherez jamais ! »
Je tiens avant tout à remercier le personnel qui m’a cueillie, aidée, assistée, soutenue, au cours de ce séjour … Et qui, à part de rares exceptions, on fait preuve de gentillesse et effectué un vrai service à la personne.
Infirmières
Aides soignantes
ASH … ASI
Sophie, ergothérapeute qui m’a initié au fauteuil électrique et fait découvrir des accessoires dont l’ergonomie faciliteront ma vie une fois de retour à la maison.
Sa gentillesse … Son humanité … Ainsi que celle des autres sont des denrées rares en ce monde de brutes.
Un séjour positif… Riches d’apprentissages…
MAIS
Dans cet écrin bucolique et verdoyant … Se cachent de vieux démons qui ont pour nom : abus de pouvoir sur personne fragile … Refus d’information claire … Décision arbitraire …
Certaines personnes seraient elles adeptes de la réduction qu’a faite Descartes en assimilant l’animal à une machine … Et l’homme étant un animal…
Hé docteur, confit de certitudes et dont le savoir ne supporte que la soumission…
Vous avez du « zapper » vos heures de psycho et d’éthique médicale au cours de vos années de fac … Ou penser que la machine humaine ne nécessitait pas une telle approche… A moins que vous n’ayez mis aucun sens à ces cours en pensant que vos connaissances suffisaient … Et que seule la mécanique primait.
Que diriez vous, si vous alliez chez un garagiste, « spécialiste de l’éclairage », alors que vous lui demandez une vidange qui vous proposerait impérativement et exclusivement de refaire toute l’électricité de votre véhicule… ?
Je suis venue chez vous, pour faire de la rééducation et non pour refaire tous les examens déjà faits … Subir de intrusions … Découvrir des incontinences ou des infections urinaires que je n’avais pas … Changer de traitement … Faire autre chose que je fais d’habitude avec mes Kinés … Découvrir des « outils » et des techniques me permettant de mieux gérer ma maladie… Et non être rabaissée, rangée dans le placard des objets cassés et, bien entendu … Accentuer le déficit de la sécu.
Quant aux changements de traitement, vous avez fait fort … très fort !
Lorsque vous avez rajouté du Loxen à mon Coversyl … Puis prescrit du Xatral et du Fludex… Vous ne vous êtes aucunement mis en cause dans les raisons de la montée de ma tension… Ni posé les bonnes questions.
Le stress que vous avez généré n’étai-il pas à l’origine de cette brusque montée ?
Alors, je n’ai pas pris ce médicament…
Et oui !
J’ai encore ma tête et la maîtrise de mon corps et de mes choix.
Et horreur !
Le surlendemain, ma tension était revenue à la normale !
13 /8
Etonnant non ? !
Quant à remplacer Gyndelta en gélules (500mg.) par Urisanol
en stick (36mg.) ???
Vous n’avez certainement pas du regarder ni la composition … Ni les prix !
Idem pour la suppression du Ditropan, incompréhensible après vos assertions d’incontinence…
Votre rêve était de me faire un bilan uro-dynamique… Raté !
Votre déni des capacités de travail collectif de mes Neuro… Médecin traitant … Médecin acupuncteur … Kiné s… Kiné Ostéopathe … Orthophoniste… De mon compagnon et de moi-même … Sont à la mesure de votre Ego !
« Pédalage » Vous savez, la petite machine, avec moteur, qui vous permet de pédaler, faire fonctionner vos muscles, sans trop forcer et se fatiguer… Et ben une après midi, la kiné. vient me chercher et me proposer de m’y mettre…
Que du bonheur…
Et j’entame doucettement mon chemin.
Moins de dix minutes …
Elle survint en me disant « il faut laisser la place aux autres » ???
Personne n’attend … Et… Personne sur les autres machines…
« Mais il n’y a personne ! »
La réponse est lapidaire : « c’est moi qui décide ! »
« Barres parallèles » J’avais juste envie de voir si je tenais debout … Et faire, essayer de faire un tout petit essai, un tout petit pas … En connaissant lucidement les difficultés et l’effort nécessaire. (Tout petit pas … Pour l’humanité… Mais immense pour moi)
« Vous ne remarcherez jamais … Vous n’y arriverez pas … »
Je craque … Normal !
« M’effondre » moralement
Et retombe sur le fauteuil.
« Vous voyez ! Je vous l’avais bien dit ! »
« Piscine de rééducation »
Scène 1
« Vous ne pouvez pas en faire tant que vous avez une infection urinaire »
Analyses … Et bien sur … Pas d’infection !
Scène 2
« Vous ne pouvez pas en faire tant que vous êtes incontinente »
Mis à part les deux premiers jours d’adaptation à la structure …. Aucune incontinence ! Ni miction impérieuse ! Je peux me retenir un long moment Je sens parfaitement lorsque j’en ai envie … Et peut attendre une bonne demi heure.
D’ailleurs, aucun traitement contre cette saleté induite chez tant de sclérosés. On m’a même supprimé, quelques jours auparavant, le peu de « Ditropan » que je prenais pour réguler ma vessie.
Ce n’est pas parce que, dans mon sac de voyage, j’ai des couches anti-fuites que je suis obligatoirement incontinente…
Ne marchant pas …
Je n’ai pas toujours les moyens d’avoir une personne disponible dans les temps … Et ces couches sont ma sécurité « intellectuelle » !
Il suffisait simplement de me le demander ou de lire mon dossier pour le savoir et éviter de faire courir le bruit de mon
incontinence … !
Ce bruit assourdissant sonne bien avec incompétence !
Scène 3
« La piscine est réservée aux personnes qui peuvent marcher ou pourront … Vous, ce n’est pas la peine …. Vous ne remarcherez jamais. »
Alors, vous avez le choix entre
- Une intraveineuse d’écoute, de chaleur humaine, de psychologie et d’empathie…
- Une formation urgente sur la maltraitance…
- Ou des bracelets…
Pour votre gouverne:
Sont définis, au plan international, comme actes de maltraitance, entre autres:
- Les abus et sévices psychologiques liés à l'usage d'un langage grossier, agressif ou infantilisant.
- La violation des droits (dignité, droit à l'expression, droit à donner son consentement...)
Il me parait bon de vous rappeler aussi l'article 3 de la charte du patient: L’information donnée au patient doit être accessible et loyale. La personne hospitalisée participe aux choix thérapeutiques qui la concernent. Elle peut se faire assister par une personne de confiance qu’elle choisit librement.
Quelques phrases « qui tuent » relevées par ci par là :
- A un homme qui n’était vraiment pas bien et demandait à ce qu’on l’aide pour partir dans sa chambre avant la fin du repas : « Non ! Vous n’avez qu’à attendre la fin du repas »
- A une dame, qui demandait qu’on aide la même personne à sortir : « Occupez vous de vos affaires »
- A une dame dont le fauteuil électrique étai tombé « en rade » et qui demandait qu’on la pousse : « On n’a pas que vous à s’occuper »
- « On a eu une discussion « Méditerranéenne »… Je suis soupe au lait …
Mais ça passe après… Ce n’est pas grave ! » (Parole de toubib)
- « Appelle moi papa »
- « On arrive » … Suivi d’une attente de presque trois heures sur la chaise pot.
- « Je n’ai pas que toi à m’occuper »
- « Méfiez vous de … C’est une droguée »
- « Tu te rends compte : cette stagiaire me parle comme si elle était déjà aide-soignante, comme moi ! »
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Commentaires
Toujours aussi râleur mon Bruno !
:-)))
Ecrit par : Sylvain | 27/10/2008
Cela ressemble plus à ce que m'a dit ma belle-soeur.
Il n'y aurait donc pas de miracles ?
Ecrit par : Une femme debout | 27/10/2008
bonjour
pouvez me répondre rapidement, mon mari est au centre germaine revel depuit 4 jours, aucun traitement n'a été commencé et son état moral depuis son hospitalisation dans cette établisssemnt est des plus déplorable et veut partir, il a meme des troubles de la mémoire qui s'accentue depuis.
ils'est perdu dans les couloirs , réponse des infirmières "il a tellement de trouble de la mémoire qu'il faut le ramener dans sa chambre et n'a plus de repère", il n'en était pas du tout à ce point avant de partir.
ils veulent refaire tous les examens déja fait avant de venir, bénéfice de ce séjour examens pour nous dire qu'il a une SEP et très peu de réduc, ou est le bien fait, dois je interompe le séjour avant qu'ont ne fasse plus de mal que de bien....!
Ecrit par : goursolas | 12/10/2009
bonjour madame,
effectivement je peux comprendre votre désarroi devant la situation de votre mari. Nous avons plusieurs personnes dans l'association qui sont eux aussi allés au centre germaine revel et qui ont vécu les mêmes appréhensions au départ.
Cependant, tous nous ont dit qu à la fin de leur séjour les résultats ont été positifs. Votre mari commence son hospitalisation et ce n'est qu'à la fin de celle ci que vous mesurerez les effets de la thérapie. Normalement la rééducation devrait s'intensifier au fur et à mesure de votre séjour. Les premiers jours servant de période d'aptation.
J'espère que j aurais répondu au mieux à vos attentes. Si vous avez d'autres questions n'hésitez pas.
Ecrit par : benoit | 14/10/2009
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